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24 décembre 2012 1 24 /12 /décembre /2012 14:38

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par Jean- François Helleux

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12 décembre 2012 3 12 /12 /décembre /2012 13:06

 

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Quand une maman s’en va, on ne sait trop quoi dire… Ou plutôt il y aurait tant à dire.

Maman, Te voici revenue dans cette église que tu aimais. C’est dans cette église que tu as fêté des moments importants de ta vie : ton baptême d’abord en 1922 et pour me souvenir de ce que tu nous avais raconté, ce jour-là, tu avais copieusement mouillé ta robe de baptême. Ton mariage ensuite en décembre 1943. Les circonstances de l’époque avait imposé une grande discrétion ; c’est pourquoi ton mariage avec papa s’était déroulé à 7H du matin. Malgré cette discrétion imposée, tu as voulu, malgré tout, sortir par la grande porte, toute grande ouverte.

Les églises tu n’y entrais pas très souvent car tu n’étais pas ce qu’on peut appeler une pratiquante, mais tu étais croyante et je sais que parfois tu priais avec tes mots, avec ton cœur.

Combien de fois nous as-tu dit t'être recueilli, dans les moments difficiles, dans la petite chapelle de Bon secours, rue des Prés.

Cette église de Bonabry, tu l’aimais, en particulier pour ses sculptures bien spécifiques qui la reliaient au monde du travail. Tu l’aimais aussi pour la statue de Notre Dame du travail dont le socle est orné des attributs de différents métiers. Bonabry était pour toi l’église des ouvriers, construite par des ouvriers dans un quartier ouvrier.

Ce mot d’ouvrier avait une réelle importance pour toi. Toute ta vie de travail, tu as été ouvrière d’usine et, tu en étais fière. Jamais tu n’as renié ce statut. Tu avais fait tienne cette phrase de Jules Michelet, souvent reprise par Jean Guéhenno : « Le difficile n’est pas de monter, mais en montant de rester soi »

Au cours de cette vie de labeur, tu as travaillé dans différentes entreprise : La mécanique, la maroquinerie, le cartonnage, le textile et bien sûr la chaussure. Et, il faut croire que tu accomplissais bien ta tâche puisque dans de nombreuses entreprises, tu as occupé un poste de contrôleuse, ce qu’on appelle aujourd’hui : le contrôle qualité.

Lorsque, en 1981, tu t’es retrouvée en pré-retraite, ça a été un déchirement pour toi. Heureusement c’est à cette époque qu’est né Gwénolé. Tout naturellement la grand-mère que tu étais s’est transformée en nounou bienveillante. Car, tes petits enfants, Yannick et Gwénolé, tu les as aimés. Et c’est toujours avec attention que tu suivais leur évolution.

Je me souviens encore aujourd’hui de ces grandes balades en forêt que tu faisais avec eux et avec leurs copains.

C’est aussi, à cette période, que tous les ans, pendant un samedi entier tu installais le sapin et la crèche de Noël. Une crèche personnalisée, puisque tu avais passé du temps à confectionner des petites maisons en carton, composant ainsi un authentique village. Cette crèche avait tellement pris d’ampleur que, pendant quelques années, nous avons eu la visite des enfants de l’école de la commune qui venaient la voir.

L’âge avançant, tu as quitté la ville pour venir habiter Landéan, dans un quartier dédié surtout, aux personnes âgées. Une nouvelle vie a commencée pour toi. Une vie d’amitié, de partage avec les voisins. Les après-midi se terminaient souvent chez l’un ou chez l’autre autour d’un café et d’un gâteau. Quand ce n’était pas les balades dans la commune avec Mme Davy, ta voisine. Voisine à qui, du fait de ses difficultés visuelles, tu faisais régulièrement la lecture du journal ou de la Chronique. Au cours de ces vingt dernières années, petit à petit, ces voisins, ces amis s’en sont allés. Il y avait moins de monde autour des tables et celà t’a affecté. 

Ta vie n’a pas été un long fleuve tranquille et, il a fallu que tu te battes pour simplement vivre. Cette énergie, cette ténacité, ce sens des responsabilités, tu nous les as transmis et nous les gardons en nous comme un précieux trésor.

Malgré toutes les vicissitudes, tu aimais la vie. Toi, qui n’avais pas été à l’école très longtemps, tu aimais la culture, les musées. Tu aimais les reportages à la télévision mais, tu aimais pardessus tout la lecture et l’histoire. C’est ainsi que toi, l’ouvrière en chaussure, tu avais lu et relu Jean Guéhenno que tu admirais.

Toute ta vie, tu as essayé de vivre en respectant des valeurs d’honnêteté, de justice en assumant entièrement toutes tes responsabilités. La liberté pour toi n’était pas un mot en l’air, tu la revendiquais pour toi et pour les autres, liberté dans les actes mais surtout liberté de paroles. Je crois que ce que nous sommes devenus aujourd’hui, c’est en partie à toi que nous le devons. Jean Guéhenno a écrit : « Etre fidèle aux morts, c’est être fidèle à leurs rêves et à leurs espoirs et tâcher de les accomplir ». Ces valeurs que tu nous as transmises puissions-nous toujours en rester digne.

Avant que tu rejoignes Papa, parti en 1972, il faut que je dise l’un des souvenirs que je garde de toi. C’est celui d’un son, d’un bruit.

A l’époque de ma jeunesse, nous habitions au 3eme étage d’un vieil immeuble, rue de Nantes. Tous les jours à une heure un quart, tu partais travailler. Oh ! Tu ne partais pas aigrie par le travail. Non, tu partais sereine, heureuse de retrouver tes collègues de travail, de gagner ton pain par l’habileté de tes mains. Ce dont je me souviens, c’est le bruit saccadé, pressé de ton pas descendant l’escalier de bois. Ce bruit, c’était déjà le bruit de l’usine, c’était le bruit du travail, mais aussi celui de l’amitié et de ta liberté.

L’abbé Pierre a écrit : « Dans la mort, il y a beaucoup plus de rencontres que de séparations » Puisse être pour nous aujourd’hui l’occasion de nouvelles rencontres.

Au revoir Maman.           

 

 

 

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26 novembre 2012 1 26 /11 /novembre /2012 17:18

Les faux commentaires de consommateurs qui présentent des produits sous un angle positif sont légion sur le web. Aux Etats-Unis, Todd J. Rutherford a lancé une entreprise qui propose ce service aux auteurs auto-édités.

 

Il y a quelques années, Todd Jason Rutherford travaillait pour le département marketing d’une entreprise offrant des services aux auteurs auto-publiés. C’était un travail difficile. il passait ses journées à multiplier les communiqués de presse pour convaincre les journalistes et les blogueurs d’écrire un article sur une énième histoire de vampire ou un manifeste de développement personnel. Todd J. Rutherford a alors eu une illumination. Au lieu d’essayer d’amadouer les autres pour faire remarquer le travail d’un auteur, il pouvait tout simplement éliminer les intermédiaires et écrire lui-même la critique du livre. Il dirait alors exactement ce que voulait le client : que c’était un livre formidable.

 

28 000 $ en un mois

Au cours de l’automne de 2010, Todd J. Rutherford a lancé le site web, GettingBookReviews.com (aujourd’hui fermé). Il a d’abord proposé une critique de livre pour 99 $ (76 €). Mais certains clients ont demandé plusieurs critiques. Donc, pour 499 $ (384 €), Todd J. Rutherford a proposé 20 avis critiques en ligne et 50 pour 999 $ (770 €).
Sur les forums en ligne, il y eut des plaintes immédiates estimant que ce service violait le lien d’indépendance entre l’auteur et le critique littéraire. Mais Todd J. Rutherford recevait également de nombreuses commandes. Il a ainsi rapidement gagné 28 000$ (21 575 €) en un mois seulement.

 

Une illusion de vérité

Les avis critiques en ligne des consommateurs font désormais partie du mécanisme de la vente en ligne, depuis les services des stations balnéaires, restaurants de quartier, boutiques de haute couture, parcs, astrologues aux produits tels que machines à laver, pinces à épiler, pantoufles ou encore étuis pour ordinateurs portables. Dans de nombreux cas, les critiques des consommateurs prennent le pas sur le service marketing, l’attaché de presse, la publicité, le bouche à oreille et la critique professionnelle.

« Le commerce en ligne fonctionne à partir des critiques positives », a déclaré Liu Bing, une experte en exploration de données à l’Université de l’Illinois, dont une étude en 2008 a montré que 60% des millions de critiques sur Amazon présentaient cinq étoiles et 20%, quatre étoiles. « Mais en réalité, presque personne ne veut écrire des critiques cinq étoiles, beaucoup d’entre elles doivent être créées. »

Si les avis de consommateurs sont puissants, c’est parce que, contrairement à la publicité et le marketing, ils offrent l’illusion de la vérité. Ils prétendent être des témoignages de personnes réelles, même si certains sont achetés et vendus comme tout le reste dans le cadre du commerce sur Internet.

 

Un tiers des avis online sont des contrefaçons

Liu Bing estime qu’environ un tiers des avis de consommateurs sur Internet sont des contrefaçons. Pourtant, il est presque impossible de dire quels sont les commentaires rédigés par les spécialistes du marketing ou les commerçants (ou par les auteurs eux-mêmes sous des pseudonymes), par les clients (qui pourraient obtenir un accord auprès d’un commerçant pour donner un avis positif) ou par un prestataire de services dédiés.
Malgré toutes ces zones d’ombre, il semble que le système fonctionne. L’un des clients de Todd J. Rutherford, qui avait commandé des centaines de commentaires, sans même qu’ils soient tous favorables, a ainsi vu son livre devenir un best-seller. Les nombreuses critiques attirent toujours l’attention. Le premier site Internet de Todd J. Rutherford est désormais remplacé par un nouveau qui s’appelle : ask the publishing guru (demandez au guru de l’édition). Tout un programme…

 

source : The New York Times

Extrait du site : " http://www.enviedecrire.com/ "

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20 novembre 2012 2 20 /11 /novembre /2012 18:05

Quand on pense à Robert Louis Stevenson, on pense d’abord à son oeuvre majeure, le roman d’aventure qu’il a publié en 1883 L’Ile au trésor, ou encore à sa nouvelle Dr. Jekyll et M. Hyde (1886). On n’imagine pas cet écrivain américain du XIXe siècle dans sa vie quotidienne. Il est donc très amusant de lire une lettre qu’il a adressée à son père en avril 1866, alors qu’il n’avait que 15 ans. L’objectif de cette missive était de lui demander de l’argent de poche. Et l’on découvre que le futur écrivain maniait déjà fort bien la langue.
Pour mieux comprendre le contexte de cette lettre, il faut savoir que le jeune Robert Louis Stevenson, particulièrement sensible à l’humidité ambiante de la maison dans laquelle il vivait, est tombé malade en 1853 (à l’âge de trois ans) d’une attaque de croup (laryngo-trachéo-bronchite). Il a vécu un calvaire durant les neuf années suivantes, notamment pendant les périodes hivernales au cours desquelles il enchaînait rhumes, bronchites, pneumonies, fièvres et infections pulmonaires.

 

Cher Paternel respecté
Je vous écris pour faire une demande de la nature la plus modérée qu’il soit. Chaque année, je vous ai coûté une énorme, que dis-je éléphantesque, somme d’argent pour les médicaments et les honoraires des médecins. Mars étant le plus coûteux des douze mois.
Mais cette année, les rafales de l’Oriental piqueur, les tempêtes hurlantes et les affections générales de la race humaine ont été bravés avec succès par votre serviteur.

Est-ce que cela ne mérite pas une rémunération ?

Je fais appel à votre charité, je fais appel à votre générosité, je fais appel à votre justice, je fais appel à vos comptes, je fais appel, in fine, à votre porte-monnaie.
Mon sens de la générosité interdit la réception de plus, mon sens de la justice interdit la réception de moins qu’une demi-couronne.

Salutation de Monsieur votre fils le plus affectueux et le plus nécessiteux,

R. STEVENSON

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3 novembre 2012 6 03 /11 /novembre /2012 11:36

L’écrivain américain Edgard Allan Poe (1809-1849) est surtout connu pour ses récits qui préfigurent les genres de la science-fiction et du fantastique. Il a également donné à la nouvelle ses lettres de noblesse et il est même considéré comme l’inventeur du roman policier. Mais ses articles et essais sur le processus d’écriture sont moins connus. Voici quelques-uns de ses conseils qui pourront vous aider dans votre quotidien d’auteur :

Pensez avec votre stylo
Que doivent faire les écrivains quand ils sont titillés par une idée qu’ils n’arrivent pas réellement à saisir ? Le conseil de Poe est simple : ils doivent prendre leur stylo et écrire (évidemment, aujourd’hui il conseillerait peut-être plutôt de se saisir d’un clavier). Poe rejette l’argument selon lequel les idées sont si profondes ou subtiles qu’elles se placent au-delà des mots. Dans un article paru en 1846, il disait : « Pour ma part, je n’ai jamais eu une pensée que je ne pouvais pas mettre en mots, et cela la rendait beaucoup plus nette que lors de sa conception ». Selon Poe, « l’acte simple » d’écrire aide les écrivains à rendre leurs idées non seulement plus claires, mais également plus logiques. Chaque fois qu’il ne se sentait pas satisfait d’une vague « conception du cerveau », Poe disait : « Je recoure immédiatement à la plume, dans le but d’obtenir, grâce à son aide, la forme nécessaire, un résultat et de la précision. »

Commencez par la fin
Selon Poe, avant de commencer à écrire, les écrivains doivent savoir exactement comment leur texte va se terminer. C’est seulement en ayant toujours la fin en ligne de mire qu’un auteur peut donner à son intrigue la causalité indispensable et tendre vers le développement de son intention. Mais Poe était également un fervent défenseur du plan. Il estimait qu’une planification approfondie devait précéder l’écriture.

Faites court et ciblé
Poe pensait que les textes en prose ou les poèmes auraient un effet plus puissant s’ils étaient suffisamment courts pour être lus d’une traite. Poe estimait que la lecture d’un poème ne devrait pas prendre plus d’une heure. Quant à celle d’un texte de prose, elle ne devrait pas excéder deux heures. Selon Poe, c’est seulement en respectant ces limites qu’un écrivain peut réussir une « unité d’effet ou d’impression ». L’auteur devrait d’abord décider de l’effet précis qu’il veut provoquer chez le lecteur et ensuite faire en sorte que tous les éléments du texte contribuent à cet effet. Ainsi « l’âme du lecteur est sous le contrôle de l’écrivain. Il n’y a pas d’influences extérieures ou extrinsèques résultant de la fatigue ou de l’interruption. »

Cultivez la « capacité constructive »
Selon Poe, quiconque peut apprécier le travail d’un génie, est probablement capable d’en faire autant. Il estimait ainsi que les personnes « de génie sont beaucoup plus nombreuses que ce que l’on pense ». Mais le problème, c’est que la majorité des gens manque de « capacité constructive ». Selon Poe, cela comprend notamment une « faculté d’analyse » qui permet aux artistes de réussir l’effet qu’ils veulent produire. Cependant, la véritable difficulté vient du fait que cette capacité constructive « dépend particulièrement de l’énergie et de l’assiduité, ainsi que de qualités strictement morales telles que la patience, la capacité à se concentrer, l’autonomie et le mépris pour toute opinion qui n’est pas plus qu’une opinion ». En d’autres mots, le succès, tant dans l’écriture que dans les autres arts, requiert de la discipline, de la confiance et de la force de caractère.

source : Writermag, B.K. Stevens

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8 octobre 2012 1 08 /10 /octobre /2012 11:33

Sur les conseils d'un ami, je viens de terminer de lire deux livres de Jean Louis Fournier :

 "Mon dernier cheveu noir", un livre plein d'humour sur "la décrépitude rampante de nos corps biodégradables" et comme le dit l'auteur : "vaut mieux en rire qu'en pleurer".

et "Histoires pour distraire ma psy" de la même veine que le précédent.

 

Pour l'exemple quelques phrases tirés de "Mon dernier cheveu noir"

 " Rappelez-vous que, "passé cinquante ans, si on se réveille sans avoir mal nulle part, c'est qu'on est mort"

"Tant qu'il y a de la vie, il y a du désespoir"

 

et extrait de "Histoire pour distraire ma psy"

" Aux dernières nouvelles, ma psy va beaucoup mieux. Moi, c'est une autre histoire...."

 

Pour l'anecdote, Jean-Louis Fournier était le réalisateur de l'émission de Pierre Desproges "La Minute nécessaire de Monsieur Cyclopède"

 

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19 septembre 2012 3 19 /09 /septembre /2012 10:28

 Melbourne : 10 000 livres illumines

C’est dans le cadre du festival ” The Light in Winter“, organisé à Melbourne chaque année, que des artistes locaux comme internationaux, se réunissent pour créer sculptures et spectacles lumineux pour célébrer le solstice d’hiver.

Le collectif espagnol Luzinterruptus a réalisé une oeuvre gigantesque avec 10 000 livres offerts par la bibliothèque publique et l’Armée du Salut. Après les avoir illuminés, les artistes les ont disposé pour créer une immense rivière de lecture. Une belle idée qui en inspirera plus d’un.

 Melbourne : 10 000 livres illumines

 Melbourne : 10 000 livres illumines

 Melbourne : 10 000 livres illumines

 Melbourne : 10 000 livres illumines

 Melbourne : 10 000 livres illumines

 Melbourne : 10 000 livres illumines

Source : Vinyculture

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19 août 2012 7 19 /08 /août /2012 23:39

Je vous signale la naissance du site d'une amie, artiste peintre. Je vous laisse le plaisir de le découvrir.

 

Ses tableaux de style impressioniste exprime des paysages paisibles, légers, dans lequel règne une grande sérénité.

 

   http://www.refletdart.com/Reflet_dArt/Bienvenue.html

 

 

Photos 1281 

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1 juin 2012 5 01 /06 /juin /2012 23:08

Né à Nice en 1940, Jean-Marie Gustave Le Clézio a reçu le prix Nobel de littérature en 2008. Inspiré par son amour de la culture amérindienne et ses nombreux voyages, Le Clézio est qualifié d’écrivain des nouveaux départs, de l’aventure poétique et de l’extase sensuelle.

Pourquoi écrivez-vous ?

Ecrire est pour moi une nécessité vitale, conditionnée par un besoin intérieur. On risque de se faire avaler par la littérature ou par soi-même. Si on se fait avaler par soi-même, on devient fou. Si on se fait avaler par la littérature, on devient écrivain. Avant que la littérature m’avale, c’était le plaisir de raconter des histoires qui m’a poussé à écrire. Puis, mon écriture est devenue plus défensive, comme une voie de fuite de la société occidentale, violente et artificielle où tout le monde rencontre la mort, l’envahissement, l’asservissement des objets et l’agression de la vie. Je cherche à retranscrire le monde, à faire en sorte que la pensée humaine corresponde avec le texte. A mon avis, c’est la tâche de l’auteur : retranscrire les expériences et déchiffrer ce que cela dit des comportement humains.

Ecrire, est-ce une façon de poursuivre votre roman familial ?

Totalement. Ce que j’écris depuis plus de quarante ans vient de la période de ma vie qui se situe entre l’âge de 6 ou 7 ans, où naît la conscience d’exister. C’est la période cruciale de toute existence, le moment où on engrange des sensations et des émotions suffisantes pour constituer un répertoire qui durera toute une vie. Je pense qu’il en va ainsi pour tous les écrivains, tous les artistes. En fait, depuis toujours, je fais de l’autofiction sans le savoir.

Comment écrivez-vous ?

Voilà comment je pense que les écrivains devraient travailler : il faut partir pour la campagne, comme un peintre du dimanche, avec une grande feuille de papier et un crayon à bille. Choisir un endroit désert, dans une vallée encastrée entre les montagnes, s’asseoir sur un rocher et regarder longtemps autour de soi. Et puis, quand on a bien regardé, il faut prendre la feuille de papier, et dessiner avec les mots ce qu’on a vu. Parfois, j’écris aussi par bribes dans le fond d’un café, j’y mêle des morceaux de conversations entendues, des images, des découpes de journaux. Il ne s’agit pas pour autant de mettre trop l’accent sur l’immédiateté. Il faut réviser ses textes afin de les perfectionner. Il ne faut pas confondre la « mise en récit », le lieu de l’instantané et la « dactylographie » qui est le lieu de corrections.

Sources :
Télérama
Arabesques-editions.com
Multi.fi

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3 mai 2012 4 03 /05 /mai /2012 09:17
UN FRANCAIS DE PURE SOUCHE
732. Fin de la bataille de Poitiers. Près d’un village à demi ruiné, il est laissé pour mort sur un champ de bataille et de blé mûr. Les armées se sont retirées. Las des batailles, abandonné d’Allah, il décide que sa guerre est finie, jette uniforme, épée, oriflamme et casque de cuir au creux d’un fossé. Il a traversé l’Espagne, combattu Andalous et ibères, et n’est sarrasin que par hasard de la naissance.
Une veuve berrichonne, dont l’époux angevin git quelque part sous une croix chrétienne, lui ouvre sa porte, ses bras, ses cuisses, sa cave et son garde-manger. Il se convertit à la France rurale sans regret. Trois enfants naissent de cette union pacifiste, enfants qui se découvriront au fil des ans, dans les villages voisins, des cousins par le sang et d’autres par l’alliance.
Passe une troupe de bohémiens magyars. Le fils aîné s’éprend de la belle danseuse, de ses cheveux noirs et de ses yeux bleus, et s’empresse de lui faire un enfant. Celui-ci est très vite suivi d’une ribambelle de frères et sœurs. Comme de coutume, presque tous mourront de famine pendant un hiver particulièrement glacial.
Le seul survivant, plus solide, cherche à son tour l’âme sœur.
Elle vient de Basse Bretagne, chassée par la misère et les maladies. Le seigneur local, vieil ivrogne analphabète, jouisseur et syphilitique, découvre que son droit de cuissage a été bafoué, s’en console en brûlant quelques masures paysannes et en redoublant d’ardeur à sodomiser les gitons échangés à l’un de ses suzerains contre un troupeau de moutons.
La belle d’Armor décède en mettant au monde un garçon que sa grand-mère élèvera jusqu'à ce qu’il s’engage dans la troupe pouilleuse d’un hobereau vendéen désargenté rêvant de gloire.
Celle-ci n’est pas au rendez-vous. Le jeune homme découvre un peu du vaste monde, (que l’église romaine et inquisitoriale affirme, tortures à l’appui, plat comme une hostie), en même temps qu’une morvandelle rondelette et peu farouche. Ils auront deux fils, au regard noir évoquant cette Italie d’où émigra leur grand-père. Ces deux fils vieillissent à leur tour, se marient, et fondent quelques générations de gaillards et gaillardes fièrement bourguignons.
L’un d’eux préférera les voyages à l’agriculture encore biologique. Il s’en ira explorer Russie et Pologne, avant d’étudier à Venise la scolastique d’Anselme et d’Abélard. Il rapportera chez les siens l’usage du zéro et de la fraction décimale empruntés aux hindous.
Vint l’an mil. Prédicateurs hystériques et autres illuminés affirment la fin du monde venue. La bêtise leur survivra jusqu’à nos jours, hélas !
Mais rien ne vient. Tout continue.
Le voyageur épouse une flamande rubiconde, la trompe sans vergogne avec l’arrière petite-fille d’un nobliau espagnol ruiné mais jovial reconverti dans la gestion toujours lucrative d’un lupanar ambulant. Cette madrilène donne la vie à cet ancêtre que notre famille évoque encore aujourd’hui avec nostalgie pour sa vigueur au lit et le nombre de ses conquêtes féminines et masculines ! Il en meurt, vérolé jusqu'à la moelle des os comme un roi de France.
Quelques-uns de ses descendants survivent aux fléaux successifs ou simultanés de ces époques magnifiques et moyenâgeuses : guerres, invasions, jacqueries, peste, variole, inquisition, croisades... À la suite de la dernière de celles-ci, l’un d’eux rapporte, parmi des restes de pillages et sacs sanglants, les chiffres arabes en usage actuellement, un alezan harnaché de cuir et une fille d’Ethiopie volée à un sultan persan.
Cette beauté noire dotée de rondeurs moelleuses par l’usage exagéré du loukoum, est fort convoitée. Apparemment fidèle, elle engendre une kyrielle d’enfants dont le teint varie du plus pâle au plus sombre sans que leur père putatif ne s’en étonne. Leur nombre ne permet pas des humanités prolongées. Il faut à chacun trouver sa subsistance.
1270. L’un d’eux entend parler d’un certain Marco Polo, qu’il rejoint. Il parvient en Chine, y gagne quelques pièces d’or et l’estime de ses compagnons, en rapporte la poudre noire, la boussole, l’encre et quelques autres inventions, mais pas de femme ! Les pieds des chinoises sont trop petits, prétend-il ! Il épouse, sans joie, une descendante d’esclave égyptien et de péripatéticienne napolitaine ayant un sens aigu du commerce, s’établit dans la future Marseille, où il trafique avec les négriers d’Afrique, les bijoutiers d’Orient et les épiciers napolitains.
Son fils, attiré par les récits de son père - lequel mélange sans vergogne ses propres vagabondages avec ceux d’autres aventuriers -, se découvre l’âme aventureuse. Il part avec les armées royales et quelques bandes avinées pour une guerre qui, dit-on, durera un siècle. Il en revient bien avant la paix finale avec une bergère flamande qui n’a écouté que l’appel de son cœur.
On sait que, plus tard, leurs petits-fils séjournent en Italie, découvrent la mosaïque, la peinture, les livres et la musique. Ils en reviennent avec des enfants à l’accent de Ravenne, aux cheveux couleur jais, et dont la mère a refusé de quitter sa Lombardie natale. On sait aussi que d’autres, toujours assoiffés de découvertes, profitent des leçons d’Henri dit le navigateur, écrivent cartes et portulans, et s’installent aux Indes qui ne sont pas encore les Amériques.
La terre devient enfin sphérique. La Renaissance n’en supprime pas pour autant l’ordre féodal. Arrivent à nouveau des envahisseurs espagnols, belges, flamands. Les siècles avancent lentement. L’histoire aussi.
1789. Il est certain qu’un descendant de cette famille est remarqué près du Louvre. Il brandit une pique surmontée d’une tête de ci-devant dégoulinante de sang. Carmagnole et Marseillaise l’accompagnent. Il épouse cependant la fille d’un royaliste guillotiné, et, une génération passée, devient grand-père d’un bourgeois louis philippard, père à son tour d’un futur communard qui échappera de peu au massacre perpétré par les versaillais aux ordres de ce bon monsieur Thiers.
Le fils de ce révolutionnaire, prudent, émigre aux Amériques qui ne sont plus les Indes. Il y fait la connaissance d’un chef Sioux extrêmement cultivé dont il épouse la fille. Elle meurt en mettant au monde des triplés. Lui, sa vie finissant, revient en Bretagne. Ses fils, « Ombre du matin furtif » et « Belette qui fuit dans les hautes herbes », devenus Loïck et Yvon, s’établissent marins pêcheurs. Sa fille, « Celle qui rêve au coucher du soleil », renommée Gwenaëlle, fait une excellente tenancière de taverne à matelots.
1917. La grande boucherie. Loïck meurt sur au Chemin des Dames, Yvon épouse une alsacienne qui ne parle qu’allemand et que le climat atlantique rend presque gracieuse. Leurs enfants, malgré les charmes de la vie armoricaine, émigrent vers les plaines de Beauce et de Brie chercheuses de main-d’œuvre corvéable à merci. Ils y resteront.
Front populaire et guerre d’Espagne. Ils s’engagent, trotskyste et communiste, aux côtés des républicains espagnols. Le premier est tué quelque part au bord du Guadalquivir. Au retour, le second est interné par la police française et pétainiste, échappe à la déportation, s’engage dans un maquis FTP, puis, la guerre finie, arrive à Paris au bras d’une jolie basque aux ascendances roumaines.
Ce couple, les épreuves passées, donne naissance à un garçon, lequel rencontre une jeune métisse sino-indo-malgache au cours d’une escale de la « royale » dans le port de Johannesburg.
Je suis né de cette longue lignée.
C’est la preuve, irréfutable, indéniable, évidente, naturelle, véridique, généalogique et logique que moi, arrière petit fils de breton sioux, d’indien angliciste et de berbère de Mandchourie, arrière petit cousin d’un lointain pakistanais et neveu d’un viking blond des Andes, descendant de basque hongrois et de russe égyptienne, fils de beaucerons parisiens et de chinois celtes, je suis, qu’on se le dise, un français de pure souche !

  Jacques Thomassaint

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