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24 juillet 2009 5 24 /07 /juillet /2009 10:23

Caché à l'abri d'une porte cochère, les yeux rivés sur la porte de la taverne, l'enfant surveillait les allées et venues de la rue. La pluie avait laissé ça et là quelques flaques d'eau dans lesquels se reflétaient les lumières des réverbères. La rue s'était vidée. Après une journée de labeur, la foule avait quitté le grouillement de la ville pour s'enfermer dans les taudis populeux du faubourg.

De temps en temps, l'enfant tournait la tête, attiré par le bruit des sabots de " Pompon", le cheval du père Henri qui, attelé au fiacre, piaffait d'impatience, pressé de rentrer dans la douce chaleur de l'écurie, près d'un tas d'avoine réconfortant. L'enfant avait du mal à percevoir les détails de la rue tant la pénombre avait tout enveloppé. Vers le bas, près de " Pompon", un échafaudage déployait ses bras squelettiques le long d'une façade de maison brinquebalante. Les éléments de bois avaient été posés à la hâte par les maçons qui, jugeant la situation alarmante, avaient consolidé tant bien que mal le pauvre mur lézardé. Vers le haut, le regard n'était attiré que par la lueur du bistrot qui estompait toute les formes alentours.

L'homme sortit de la taverne. Péniblement, désespérément, il s'accrocha au mur, semblant chercher un deuxième souffle. L'enfant l'aperçut, serra les poings en pensant à sa mère restée à la maison. Il la voyait, inquiète, assise à la table où ne restait plus qu'un couvert, devant lequel elle avait mis, comme à son habitude, la bouteille de mauvais vin qui deviendrait le seul aliment de son alcoolique de mari. Que de souffrances l'attendaient encore ce soir ! Que de cris, que de pleurs empliraient encore la maison ! Quel ingéniosité devra - t - elle déployer pour masquer habilement les traces de coups qu'elle ne manquerait pas de recevoir ?

L'homme imbibé d'absinthe, lâcha enfin le mur puis, entraîné par un violent juron, il s'élança sur le trottoir. Il passa devant l'enfant sans le voir et, titubant, avec le pas de danse d'un soir de sabbat, il frôla le cheval qui fit un écart et s'engagea sous l'échafaudage. A ce moment, l'enfant, tel un diable sortant de sa boîte, surgit de son abri, traversa la rue en courant et donna une tape vigoureuse sur la croupe de " Pompon". Surpris, le cheval se cabra et, dans un élan tira d'un coup sec la voiture qui s'ébranla, entraînant avec elle l'échafaudage et une partie du mur.

L'homme n'eut pas le temps de réagir. En quelques secondes, il se trouva recouvert d'un amas de bois et de pierres. Le cheval dévalait la pente, emmenant à sa suite la corde qui reliait la voiture aux poteaux de bois. Quand la poussière se fut dissipée, l'enfant, resté seul au milieu de la rue, satisfait, n'aperçut aucune trace de l'homme, disparu sous les gravats. Alors que, alertées par le bruit, les portes et les fenêtres s'ouvraient, l'enfant mit tranquillement les mains dans ses poches et, sourire aux lèvres, rentra chez lui près de sa mère.

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Jean- François Helleux - dans Ecriture
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22 juin 2009 1 22 /06 /juin /2009 08:50
Ca y est, je viens de récidiver. Je viens en effet de sortir mon deuxième livre. Celui-ci complètement différent du premier qui, je le rappelle consistait en une étude historique, fruit de mes recherches sur "l'enseignement agricole catholique dans le pays de Fougères" (comme j'écris bien quand je veux...... On dirait presque du Victor Hugo...... Hou là là ! Je sens que j'ai encore la tête qui enfle....) est un recueil de nouvelles.

Ces nouvelles ont été inspirées par des souvenirs d'enfance que j'ai allègrement transformés en fiction. J'ai essayé de recréer une ambiance vécu par un enfant de la ville durant les années 1950-1960.
 Au plaisir de vous le faire découvrir.
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Jean- François Helleux - dans Ecriture
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