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18 octobre 2011 2 18 /10 /octobre /2011 13:16

Mendicité "agressive" et consommation d'alcool sur la voie publique sont désormais interdites dans le centre-ville

 

Hier, pour la journée mondiale du refus de la misère, Marseille a mal choisi son moment pour faire connaître sa décision: désormais, la misère, on ne veut plus la voir. En tout cas pas dans le centre-ville...

Un arrêté municipal signé le 14 octobre dernier et entériné hier interdit "de se livrer à toute forme de sollicitation ou appel à la quête de nature à entraver la libre circulation des personnes, la commodité du passage des voies et espaces publics, l'accès aux immeubles riverains ou, de manière générale, à porter atteinte par ces comportements au bon ordre,à la tranquillité et à la sécurité publique".

Ces dispositions sont immédiatement applicables au sein d'un périmètre allant du stade Vélodrome à la gare Saint-Charles en passant par la Canebière et Vieux-port, "site journellement fréquenté par des milliers de touristes et citadins", précise le texte.

"Tranquillité publique"

Un arrêté anti-mendicité ? Qu'allez-vous imaginer là ! Le matin même, en séance du conseil municipal, Jean-Claude Gaudin lui-même n'a-t-il pas réitéré son opposition à des mesures aussi brutales ? Officiellement donc, "il s'agit d'un arrêté de tranquillité publique", tout au plus de "répression du vagabondage", martèle Jean-Claude Gondard, secrétaire générale de la Ville.

Message repris par Caroline Pozmentier, adjointe municipale à la sécurité, qui s'est livrée hier au délicat exercice de la litote. Tout d'abord, nous explique l'élue, les mendiants ne sont pas les seuls visés : "la consommation d'alcool sur la voie publique, les rassemblements bruyants, et tous les comportements qui troublent l'ordre public seront réprimés".

Sauf qu'un arsenal juridique existe déjà pour protéger l'ordre public. La seule nouveauté concerne bien la "quête" et la "sollicitation". Autre nuance sémantique : "seule la mendicité agressive sera réprimée". Mais là encore, des lois existent déjà pour poursuivre un mendiant qui vous menace avec un poignard.

L'arrêté s'adresse donc à toute forme de mendicité, "insistante, répétitive ou gênante pour les passants", explique l'élue. Un rom qui fait la manche au feu rouge par exemple, dont on peut estimer de surcroît qu'il "entrave la libre circulation des personnes".

Au final, l'adjointe finit par se faire plus explicite : "Il faut arrêter de faire de l'angélisme et de permettre qu'on fasse n'importe quoi ici. Nous avons une volonté forte de restaurer un sentiment de sécurité chez les Marseillais". Voilà qui est plus clair. Et plus assumé...

Une priorité du nouveau préfet

Mais comment expliquer un tel revirement de la part d'un maire qui, au nom de la tradition d'accueil de Marseille, s'était jusqu'à présent toujours opposé à réprimer la mendicité, allant jusqu'à fustiger les municipalités comme Montpellier, Nice ou Chartres qui ont pris des arrêtés ?

Jean-François Illy, directeur départemental de la sécurité publique adjoint y répond indirectement : "La police a besoin de cadres juridiques pour travailler sur l'espace public et la libre-circulation". Le nouvel arrêté municipal devrait ainsi permettre de "faciliter les contrôles d'identité".

Depuis l'entrée en fonction du nouveau préfet de police, Alain Gardère, la sécurisation de l'espace public est bien "une des missions prioritaires de la police nationale" confirme Jean-François Illy. Une stratégie qui doit aussi permettre à la police de "mieux travailler sur les vols avec violences".

38€ d'amende

Le commissaire divisionnaire a beau assurer que les forces de l'ordre "agiront avec discernement", et que "seuls les récidivistes seront déférés", on voit mal comment la police fera le tri entre les "bons" et les "mauvais" mendiants.À l'arrivée, ce que l'on conclut de cet arrêté, c'est que tendre la main en centre-ville peut coûter cher : 38 euros l'amende (infraction de première catégorie).

Reste à savoir comment les mendiants pourront s'acquitter de cette somme. En allant faire la manche sur le trottoir d'en face s'il n'est pas compris dans le périmètre. Et de préférence dans les beaux quartiers ?

Retrouvez notre dossier spécial aujourd'hui dans La Provence.

 

Sophie MANELLI    La Provence.fr

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Jean- François Helleux - dans articles humeur
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commentaires

Serge 18/10/2011 22:12


Tout simplement : ces gens-là me font gerber.