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5 août 2011 5 05 /08 /août /2011 10:33
Louis Derbré, devant le Prophète, sculpture monumentale installée à Ernée. Archives Ouest-France Rose-Marie Duguen
Louis Derbré, devant le Prophète, sculpture monumentale installée à Ernée.© Archives Ouest-France Rose-Marie Duguen
Âgé de 85 ans, le Mayennais célèbre pour ses sculptures monumentales exposées dans le monde entier s'est éteint, mercredi. Il laissera le souvenir d'un grand artiste imprégné par son oeuvre.
Disparition

 

Louis Derbré est resté toute sa vie attaché à la Mayenne. Né le 16 novembre 1925 à La Gandonnière à Montenay, c'est à Ernée qu'il a grandi, et a passé son adolescence à cultiver la terre. « Avec le temps ses sculptures ont pris une dimension de plus en plus spirituelle », raconte Mireille Derbré, sa fille. Mais il est toujours resté attaché à la terre. Son oeuvre en est imprégnée. »

Adolescent, il quitte l'école pour travailler à la ferme familiale. Mais après son mariage, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, il monte à Paris où il est engagé comme manoeuvre dans une maison d'édition artistique. Et c'est là, presque par hasard, en côtoyant des élèves des Beaux-Arts qu'il s'initie au métier. « Indirectement j'ai profité de leurs dialogues et je me suis fait une nouvelle vie », avait-il déclaré.

Succès rapide

Contre la tendance d'alors, il s'exprime par le figuratif. Et ça plaît. « L'une de ses premières oeuvres, un buste en pierre de Werschürr, l'un de ses amis, a tout de suite été reconnue, explique Syckie Darbion, une de ses amies de plus de trente ans. Avec cette première sculpture, il obtient en 1951 le prix Fénéon, qui lui est remis des mains mêmes de Louis Aragon. » En 1953, il obtiendra le prix national de l'école des Beaux-Arts.

Son succès ne se dément plus. Devenu l'assistant de Gilioli, l'un des chefs de file de l'abstraction lyrique dans les années 50, il affirme son style personnel, et se révèle au grand public par l'exposition « Rodin, Maillol, Derbré » en 1962. « C'est anecdotique, mais parmi ses premiers visiteurs se trouvaient Anthony Quinn, Yul Brynner, les frères Jacques... » se souvient sa fille.

Il expose ensuite à Montréal en 1967, et un peu partout dans le monde : Brésil, États-Unis, Canada, Norvège, Côte d'Ivoire, Indonésie... Au Japon en 1972, il érige La Terre à Tokyo : la réplique s'élève au quartier de la Défense à Paris. En 1984, il réalise une statue en hommage à Georges Pompidou, ancien président de la République française. En bronze, elle est exposée dans les Jardins de l'avenue Gabriel, à Paris. Et en 1997, six immenses statues lui sont commandées pour composer le mémorial de la paix à Hiroshima.

« Honneurs de la capitale »

« Il a mis toute sa vie au service de son oeuvre » raconte Mireille Derbré, elle-même sculptrice. Du plus loin qu'elle se souvienne, elle a toujours connu son père en train de travailler. « Il avait toujours les mains blanches de plâtre. » Et jusqu'à ses derniers jours, alors qu'il souffrait des poumons depuis déjà quelques années, il continuait de poursuivre des projets à 5 ans, 10 ans, 20 ans... L'une de ses dernières réalisations seront trois statues monumentales qui seront exposées à côté de San Francisco, aux États-Unis, en février 2012.

Depuis 1991, Louis Derbré était revenu en Mayenne. Il vivait à Ernée, où il avait fait construire sa fonderie ainsi que son lieu de création et d'exposition. « Il a fait le choix de quitter son atelier d'Arcueil et les honneurs de la capitale, pour revenir sur ses terres » se souvient Syckie Darbion. Une terre mayennaise où il a eu plaisir a retrouvé ses racines. « Il était transformé et tellement heureux d'être revenu, se souvient sa fille. Il adorait se promener dans sa vieille Jeep américaine, à travers les sculptures du parc. » Il sera enterré là où il le souhaitait, au cimetière de Charné.

 

 

Les obsèques se dérouleront samedi 6 août à 10 h 30 en l'église Notre-Dame à Ernée, suivies de l'inhumation à Charné.

Alan NAGARD.

 

 

 

Ouest-France

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Jean- François Helleux - dans Bretagne
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