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7 octobre 2011 5 07 /10 /octobre /2011 15:19

Un ami vient de m'envoyer cette fable que je laisse à votre méditation :

 

" La crise des ânes
Un homme portant cravate se présenta un jour dans un village.
Monté sur une caisse, il cria à qui voulait l'entendre qu'il achèterait
cash 100 euros l'unité tous les ânes qu'on lui proposerait.
Les paysans le trouvaient bien peu étrange mais son prix était très
intéressant et ceux qui topaient avec lui repartaient le portefeuille
rebondi, la mine réjouie.
Il revint le lendemain et offrit cette fois 150 EUR par tête, et là encore
une grande partie des habitants lui vendirent leurs bêtes. Les jours
suivants, il offrit 300 EUR et ceux qui ne l'avaient pas encore fait
vendirent les derniers ânes existants.
Constatant qu'il n'en restait plus un seul, il fit savoir qu'il reviendrait
les acheter 500 EUR dans huit jours et il quitta le village.
Le lendemain, il confia à son associé le troupeau qu'il venait d'acheter et
l'envoya dans ce même village avec ordre de revendre les bêtes 400 EUR
l'unité.
Face à la possibilité de faire un bénéfice de 100 EUR dès la semaine
suivante, tous les villageois rachetèrent leur âne quatre fois le prix
qu'ils l'avaient vendu et pour ce faire, tous empruntèrent
Comme il fallait s'y attendre, les deux hommes d'affaires s'en allèrent
prendre des vacances méritées dans un paradis fiscal et tous les villageois
se retrouvèrent avec des ânes sans valeur, endettés jusqu'au cou, ruinés.
Les malheureux tentèrent vainement de les revendre pour rembourser leur
emprunt. Le cours de l'âne s'effondra. Les animaux furent saisis puis loués
à leurs précédents propriétaires par le banquier.
Celui-ci pourtant s'en alla pleurer auprès du maire en expliquant que s'il
ne rentrait pas dans ses fonds, il serait ruiné lui aussi et devrait exiger
le remboursement immédiat de tous les prêts accordés à la commune.
Pour éviter ce désastre, le Maire, au lieu de donner de l'argent aux
habitants du village pour qu'ils paient leurs dettes, le donna au banquier,
ami intime et premier adjoint, soit dit en passant.
Or celui-ci, après avoir rétabli sa trésorerie, ne fit pas pour autant un
trait sur les dettes des villageois ni sur celles de la commune et tous se
trouvèrent proches du surendettement.
Voyant sa note en passe d'être dégradée et pris à la gorge par les taux
d'intérêts, la commune demanda l'aide des communes voisines, mais ces
dernières lui répondirent qu'elles ne pouvaient en aucun cas l'aider car
elles avaient connu les mêmes infortunes.
Sur les conseils avisés et désintéressés du banquier, toutes décidèrent de
réduire leurs dépenses : moins d'argent pour les écoles, pour les
programmes sociaux, la voirie, la police municipale... On repoussa l'âge de
départ à la retraite, on supprima des postes d'employés communaux, on
baissa les salaires et parallèlement on augmenta les impôts.
C'était, disait-on, inévitable mais on promit de moraliser ce scandaleux
commerce des ânes.
Cette bien triste histoire prend tout son sel, quand on sait que le
banquier et les deux escrocs sont frères et vivent ensemble sur une île des
Bermudes, achetée à la sueur de leur front. On les appelle les frères
Marchés.
Très généreusement, ils ont promis de subventionner la campagne électorale
des maires sortants.
Cette histoire n'est toutefois pas finie car on ignore ce que firent les
villageois. Et vous, qu'auriez-vous fait à leur place ? Que ferez-vous ?
Pour nous retrouver tous sur la place du village
Samedi 15 octobre 2011(Journée internationale des indignés)
faites déjà passer cette histoire à votre voisin...
S'indigner, c'est vouloir redonner sens à la vie, à sa vie."

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Jean- François Helleux - dans articles humeur
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commentaires

le passager 07/02/2012 14:26

Permets moi de mettre cette histoire sur mon blog, elle est tellement parlante du mal qui nous ronge

Jean- François Helleux 07/02/2012 22:36



Bien sûr tu peux reproduire cette histoire, reflet de notre époque....



Elmer 31/10/2011 09:24


Pauvres ânes, boucs émissaires de l'histoire humaine alors qu'ils portent leurs fardeaux !
Excellent !


gene 08/10/2011 23:46


une fable très réaliste. bon dimanche