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26 novembre 2014 3 26 /11 /novembre /2014 07:25

Le 1er décembre 1944, près de Dakar, l'armée française ouvrait le feu sur des Tirailleurs sénégalais, partis de Morlaix quelques jours plus tôt. Une universitaire lorientaise conteste la version officielle et ses 35 morts.

L'histoire

Le film Indigènes les a fait sortir de l'oubli. On les appelait aussi Tirailleurs sénégalais. Ils venaient de toute l'Afrique occidentale française, du Maghreb ou encore de Madagascar. Engagés en première ligne contre l'offensive allemande de 1940, 17 000 soldats coloniaux y laisseront leur vie. Près de 70 000 seront faits prisonniers lors de la débâcle de l'armée française.

Les prisonniers de guerre d'origine française, les « blancs », partent pour les stalags en Allemagne. Mais le Reich nazi, par racisme - par crainte des maladies tropicales dira-t-il - ne veut pas de « nègres » sur son sol. C'est donc en France, en zone occupée, dans vingt-deux Frontstalags que seront internés ces prisonniers de guerre de couleur. Plusieurs de ces camps de rétention (et de travail forcé, en violation des accords de Genève) sont installés en Bretagne : à Quimper, Saint-Brieuc, Hennebont, Dinan et Rennes, ville où seront détenus durant quatre ans quelque 12 000 soldats indigènes. En 1941, Hitler a besoin de renforts sur le front de l'Est. Avec l'accord de Vichy, les sentinelles allemandes des Frontstalags sont remplacées par des officiers français des troupes coloniales... Une humiliation doublée d'un sentiment de trahison pour les Tirailleurs qui avaient combattu sous l'uniforme français.

Dès l'automne 1944, les nouvelles autorités de la France Libre veulent organiser le renvoi dans les colonies de ces prisonniers de guerre fraîchement libérés mais toujours sous statut militaire. Le 23 octobre, un premier contingent de près de 2 000 Tirailleurs sénégalais est ainsi regroupé dans le quartier de La Madeleine, à Morlaix, en vue d'un transfert vers Dakar, à bord d'un navire de la marine anglaise, le Circassia.

Le souvenir du sort fait à leurs parents, combattants de la Première guerre mondiale, démobilisés en 1918 et renvoyés dans leurs villages d'origine sans indemnisation, est encore vivace dans l'esprit de plusieurs de ces Africains... Ils ne veulent pas, à leur tour, « se faire rouler » par la France.

Avant de quitter la métropole, ils réclament, comme le prévoit la loi, le versement de leurs arriérés de solde. Des incidents éclatent. Violemment réprimés par une centaine de gendarmes qui ouvrent le feu, faisant huit blessés. Sans le pécule qui leur est dû, 350 hommes refusent d'embarquer. Ils seront dirigés vers un camp de transit, à Trévé, près de Loudéac.

À 6 h du matin, le 11 novembre, plus ou moins contraints par la force, 1 635 Indigènes embarquent, à Morlaix, sur le Circassia. À chaque escale, Pymouth, Cardiff, Casablanca, ils réclament leur argent. En vain. On le leur promet toujours pour plus tard...

Le massacre

À l'arrivée au Sénégal, ils sont consignés au camp de Thiaroye, à la périphérie de Dakar. L'exaspération et la tension montent dans les rangs. Les soldats coloniaux craignent d'être dispersés. Cinq cents Tirailleurs refusent de monter dans un train en partance pour Bamako (Mali). Le général Dagnan, commandant la division Sénégal-Mauritanie est bousculé, bloqué une heure dans sa voiture.

Le 1er décembre 1944, vers 9 h 30, la démonstration de force de l'armée française, qui estime avoir à mater une rébellion, sinon une mutinerie, va tourner au massacre. Un char, deux autochenilles blindées, trois automitrailleuses, trois compagnies indigènes, deux bataillons d'infanterie, un peloton de sous-officiers et soldats français sont mobilisés. Vers 9 h 30, cette force ouvre le feu sur des hommes désarmés. Le bilan officiel fera état de 35 morts et 35 blessés dans les rangs des rapatriés.

Jean-Laurent BRAS. Ouest-France

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